Recherche avancée
Salons & Moteurs du groupe
A PROPOS
Nos chiffres

Témoignages

Mise relation d'affaires

Contact

 



Chassé-croisé horloger en plein cœur de Vevey
 
Le 22-02-2016

Etabli dans la ville depuis 1969, Jean-Bernard Titzé s’en va. Son commerce est repris par l’horloger Lionel Meylan. Souvenirs.

A Vevey, une institution horlogère s’en va, une autre déménage. Installé en plein centre-ville depuis quarante-sept ans, Jean-Bernard Titzé a fermé boutique il y a quelques jours. Mais le rideau n’est pas resté baissé longtemps. Son magasin, situé à la rue de Lausanne, a été repris par une autre figure du commerce local: l’horloger Lionel Meylan. Ce dernier, qui exploite deux enseignes à quelques centaines de mètres de là, quittera celle de la place du marché à la fin du printemps.

Né dans une famille d’horlogers, Jean-Bernard Titzé, aujour­d’hui âgé de 76 ans, avoue qu’il regrettera les relations avec ses clients… et moins celles qu’il entretenait ces dernières années avec ses fournisseurs: «Par le passé, on concluait les choses avec une poignée de main. Aujourd’hui, pour les marques de montres, les détaillants sont devenus des numéros et tout tourne autour de la rentabilité. Le facteur humain est oublié.»

Mais l’horloger ne cède pas à l’amertume pour autant et évoque dans la foulée «tous ces clients qui sont devenus des amis et que je tiens à remercier», soulignant qu’il a vu défiler Charlie Chaplin, l’acteur Peter Ustinov ou la cantatrice Barbara Hendricks.

Voiture dans la vitrine

L’univers des montres mécaniques est une affaire de passion et, de la passion, Jean-Bernard Titzé, homme sensible et discret, n’en manque pas. «C’est aussi ce qui m’a permis de tenir le coup après les vols que j’ai subis.» En 2012, en plein Printemps arabe, les malfrats n’y étaient pas allés de main morte: quatre tentatives de cambriolage en sept mois. L’horloger avait alors affiché son ras-le-bol en grand sur la vitrine défoncée de son commerce. Les passants pouvaient y lire, pêle-mêle, une affichette de 24 heures, plusieurs coupures de presse et même la copie d’une ordonnance de justice. «Je ne suis pas du genre à courber l’échine et préfère regarder devant moi et reconstruire. Mais il y a une dizaine d’années, quand des voleurs ont défoncé ma vitrine avec une voiture à 4 heures du matin avant d’emporter tout ce qu’ils pouvaient à l’intérieur, ça m’a fait un choc. Un témoin de la scène avait reçu un coup de couteau. Et à l’intérieur tout était cassé.»

«J’ai tout laissé à Lionel Meylan, à part mon diplôme d’horloger»

Désireux de complètement tourner la page horlogère, Jean-Bernard Titzé n’emporte avec lui que des souvenirs: «J’ai tout laissé à Lionel Meylan, à part mon diplôme d’horloger. Je veux consacrer mon temps libre à mes petits-enfants et à la randonnée, sans contraintes. D’ailleurs, depuis que j’ai arrêté mon activité, début février, je dors mieux; plus besoin de penser aux alarmes du magasin.»

Un accord entre passionnés

Sur la place du marché, Lionel Meylan se rappelle non sans émotion ce 1er août 1990, lorsqu’il a ouvert ce qui n’était encore qu’une petite boutique sur la place du marché. «Le 1er Août n’était pas encore un jour férié à l’époque. Je n’avais que quatre montres en vitrine. Les autres fournisseurs ne m’avaient pas encore livré.» Ces autres fournisseurs, Lionel Meylan, sous contrat aujourd’hui avec plus de 30 marques horlogères, était allé frapper à leur porte après avoir fait le tour de la dizaine de commerces horlogers installés à Vevey à l’époque. «J’ai pris note des marques qu’ils proposaient… et je suis allé voir les autres fabricants», raconte celui qui tenait auparavant un atelier de restauration d’horloges à Lausanne.

Ironie de l’histoire, vingt-cinq ans plus tard, c’est son fils Julien qui, à son tour, a sillonné les commerces de la ville. «Le propriétaire des locaux que nous occupons sur la place du marché souhaite les récupérer. Comme le second magasin que nous tenons à la rue des Deux-Marchés n’est pas assez grand pour accueillir tous nos produits, j’ai cherché un nouveau point de vente.»

Une tâche ardue: pour satisfaire les manufactures comme la clientèle, l’enseigne doit proposer de grandes surfaces de vitrines. «Un jour, j’ai abordé Jean-Bernard Titzé. Entre passionnés d’horlogerie, nous avons vite trouvé un accord», sourit Julien Meylan.

Le nouveau retraité confirme le propos: «Je tenais à tout prix à ce qu’un horloger reprenne mes locaux. Je souhaite à la famille Meylan beaucoup de joie et de réussite.»

24heures

 



Copyright © 2001 - 2026 Inter Group News All Rights Reserved