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L’industrie et l’horlogerie, deux secteurs très prisés en Suisse par les groupes chinois
En dix ans, plus de vingt entreprises helvétiques ont été rachetées par des Chinois. Si les grands groupes d'Etat dominent, certains investisseurs privés achètent aussi des objets de prestige non liés à leur activité
Parmi la vingtaine de sociétés helvétiques passées en mains chinoises en dix ans, trois secteurs sont particulièrement représentés. Dans l’industrie, les entreprises de taille moyenne spécialisées dans une technologie donnée, souvent héritières d’un riche passé industriel, intéressent beaucoup les Chinois.
En Suisse romande, le rachat annoncé à fin 2012 de Swissmetal par Baoshida correspond à ce profil. La reprise de l’entreprise soleuroise auparavant basée à Dornach, dont les activités ont été ensuite recentrées à Reconvilier (BE), avait été plutôt bien accueillie, en mettant fin à une période houleuse sous son ancienne direction.
Les autres sociétés sont surtout alémaniques. C’est le cas du fabricant de machines de précision glaronais Netstal, racheté en janvier par ChemChina au groupe allemand KraussMaffei. Il en va de même du constructeur de moteurs diesel zurichois Winterthur Gas & Diesel, contrôlé majoritairement par China State Shipbuilding Corporation (CSSC). S’y ajoute CTU Clean Technology Universe, une société aussi basée à Winterthour spécialisée dans les installations de traitement des déchets qui a été reprise en décembre par Shanghai Electric.
Sans oublier le rachat de Saurer par Jinsheng en 2012 et celui, en 2005, de Saia-Burgess, basée à Morat, repris par Johnson Electric en 2005. A noter qu’une partie des activités du fabricant fribourgeois ont été revendues ensuite à l’américain Honeywell en 2014.
Depuis quelques années, les petites marques horlogères intéressent beaucoup les investisseurs chinois. A cet égard, un acteur, China Haidan, rebaptisé Citychamp Watch & Jewellery, a été particulièrement actif en reprenant tour à tour Eterna à Granges (2011), puis les marques neuchâteloises Corum (2013) et Dreyfuss (2014).
Yves Hulmann
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